LORCA, POÉSIE D'UNE VIE
 
       
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Présentation

Avant-propos

Chapitre I
Chapitre II
Chapitre III
Chapitre IV
Chapitre V
Chapitre VI
Chapitre VII
Chapitre VIII
Chapitre IX
Chapitre X

Conclusion

Appendice I
Appendice II
Appendice III

Bibliographie
Œuvres citées
Noms propres
Les liens
 


L'ECRIVAIN, SON MONDE ET SON TEMPS

" ... la poésie n'est rien d'autre que la parole humaine
quand l'homme en use pour le culte de l'homme "
Jean MARCENAC


Il serait probablement difficile de trouver une œuvre poétique plus diversifiée que celle de Federico García Lorca. Il serait encore plus ardu d'en trouver une qui ajoute à une telle variété de tons et de formes une harmonie de fond aussi remarquable. De l'égotisme naturel - mais non exclusif - chez l'adolescent du Libro de poemas à l'altruisme, facteur essentiel - mais non unique - de Poeta en Nueva York, l'humanité de l'écrivain sert de fil conducteur à travers les différentes étapes d'une production particulièrement bien inscrite dans son temps et ses successifs milieux d'inspiration.
Cette entrée en matière, quelque peu péremptoire, pourra paraître déplacée à ceux qui - lecteurs occasionnels de Lorca, ou connaisseurs superficiels de son œuvre - se seraient contentés d'un certain nombre d'opinions véhiculées par une partie de la critique.
Et cependant - les textes en sont le vivant témoignage -, rien dans l'héritage lorquien ne peut faire penser à un quelconque monolithisme. Bien au contraire, l'auteur - comblé - du Romancero gitano a observé, tout au long de son activité créatrice, une attitude semblable (doit-on parler de coïncidence ?) à celle d'un autre Andalou célèbre auquel son nom restera lié à jamais pour des raisons que j'aurai souvent l'occasion d'évoquer: Góngora. Comme du père des Soledades on peut, en effet, dire de lui qu'il " fait figure d'exception" au sein des membres de sa génération, puisque " dès qu'il a découvert une veine, créé un modèle, lancé un style, il les abandonne pour porter ailleurs ses efforts ", ce qui constitue la preuve d'une exigence qui contribue à le placer " bien au-dessus de tous les autres poètes de son temps et qui explique à la fois sa gloire et son isolement ". Dès Libro de poemas, " adaptation " versifiée de certaines préoccupations, de thèmes et de scènes repris de la prose de Impresiones y paisajes, et véritable mosaïque de mètres, de styles, d'influences et de sujets qui font de ce premier recueil poétique un ensemble multiforme traversé de fulgurantes réussites annonciatrices de l'univers lorquien à venir, Federico cherche sa voie - et sa voix - dans un contexte familier: le paysage, espagnol autant qu'andalou, traité à la manière de la génération de 1898:

Tarde lluviosa en gris cansado,
y sigue el caminar.
Los árboles marchitos.
Mi cuarto, solitario.
Y los retratos viejos
y el libro sin cortar...
Chorrea la tristeza por los muebles
y por el alma.
Quizá
no tenga para mí Naturaleza
el pecho de cristal.
Après-midi pluvieux d'un gris fatigué, 
et je chemine sans cesse.
Les arbres sont sans éclat.
Ma chambre, solitaire.
Les portraits anciens
et les pages du livre non coupées…
La tristesse coule sur les meubles
et sur mon âme.
Peut-être
Dame Nature n'a-t-elle pas pour moi
un cœur de cristal.


Le contraste est, d'ailleurs, saisissant avec Poema del Cante Jondo, le livre suivant. Dans ce dernier, presque entièrement composé dans le cadre de la préparation de la Fiesta del Cante Jondo donnée à Grenade en 1922, la stylisation du paysage - indiscutablement andalou cette fois - répond logiquement aux nécessités d'une écriture qui se veut souvent imitative et qui contribue par son incontestable intensité expressive à la dramatisation d'une réalité géographique et humaine:

Sobre el monte pelado
un calvario.
Agua clara
y olivos centenarios.
Por las callejas
hombres embozados,
y en las torres
veletas girando....
Sur le mont pelé
un calvaire.
Eau claire,
oliviers centenaires.
Dans les ruelles
des hommes au visage caché,
et sur les tours
des girouettes tournent sans arrêt… 


On est loin de la tendance " explicative " du recueil précédent, sans atteindre pour autant à la véritable musique formelle des Primeras canciones également écrites au début des années 20 sur le même sujet:

En lo alto de aquel monte
hay un arbolito verde.
Pastor que vas,
pastor que vienes.
Olivares soñolientos
bajan al llano caliente.
Pastor que vas,
pastor que vienes.
Ni ovejas blancas ni perro
ni cayado ni amor tienes.
Pastor que vas.
Como una sombra de oro,
en el trigal te disuelves.
Pastor que vienes.
Au sommet de ce mont
un petit arbre vert.
Berger tu vas,
berger tu viens.
Des olivaies somnolentes
descendent vers la chaude plaine.
Berger tu vas,
berger tu viens.
Sans blanches brebis et sans chien,
sans houlette et sans amour.
Berger tu vas.
Telle une ombre dorée
tu disparais dans les blés.
Berger tu viens. 


Mais, c'est dans le Romancero gitano que le paysage andalou trouve sa plus parfaite illustration. Sa plus naturelle aussi, le but avoué du poète ayant été de faire de son recueil un rétable à dix-huit panneaux plutôt andalous que restrictivement gitans. C'est pourquoi, servant de fond aux épisodes épico-lyriques les plus divers, se profilent avec plus ou moins d'insistance les différentes composantes de la " grande " Andalousie: ses villes, ses monuments, ses prairies, ses montagnes, ses animaux, ses productions....
Et, s'il est vrai que Llanto por Ignacio Sánchez Mejías - malgré ses quelques allusions aux oliviers, aux figuiers et aux élevages de taureaux, sans compter Séville (Rome andalouse) et le Guadalquivir rapidement cités - ne peut être valablement tenu pour ce qu'il n'est pas, en revanche, Diván del Tamarit nous offre, dans ses ghazels et ses cassideh peu soucieux d'authenticité orientale, quelques touches d'un " grenadisme " indiscutable, lui, avec sa " campana de la Vela ", son " arco de Elvira ", ses murs crépis à la chaux, ses senteurs de jasmin et de myrte et, surtout, l'omniprésence de l'élément liquide dans ses " estanques, aljibes y fuentes ". Bien sûr, là n'est pas l'intérêt principal de ces poèmes d'amour et de mort, mais la localisation spatiale ne fait qu'en souligner les valeurs foncières; l'eau, en particulier, étant porteuse d'une symbolique sur laquelle nous aurons souvent l'occasion de nous attarder.
Restent, enfin, les deux œuvres d'inspiration " étrangère ". Poeta en Nueva York est, de tous les recueils poétiques de Lorca, celui où le paysage - urbain surtout - joue le rôle le plus déterminant dans la mesure où il écrase de sa géométrie barbare l'être humain dont il conditionne les faits et gestes. En revanche, on chercherait en vain dans les Seis poemas galegos autre chose que la pluie - constamment présente, elle ! - et la " Quintana dos mortos " pour évoquer une région que le poète définit pourtant de deux traits précis:

Galicia deitada e queda
transida de tristes herbas
 


En fait, ces six pièces - ouvertement conjoncturelles - ont pour principal intérêt de poser un problème pratiquement insoluble: Lorca a-t-il composé lui-même, en galicien, cette plaquette dont l'impression fut achevée le 27 décembre 1935 à Saint-Jacques de Compostelle pour le compte de la maison d'édition Nós ? A mon avis la chose est exclue, et il faut nécessairement penser à une collaboration linguistique dont l'importance reste à déterminer. Compte tenu des quelques voyages qu'il fit en Galice - ce qui, du point de vue de la langue, ne le met guère dans une situation plus favorable que vis-à-vis de la Catalogne - le résultat est (quelque restriction que l'on fasse au sujet de la simplicité des structures expressives employées) remarquable. Il n'en reste pas moins que ces poèmes (parmi lesquels trois romances, soit la moitié de l'opuscule, d'une régularité variable) n'existent que par la reprise, plus ou moins élaborée, de nombreuses images des livres antérieurs. Je n'en veux pour preuves que cette vision qui semble sortir tout droit du Romance de la luna, luna:

E a lúa que baila
na quintana dos mortos.
 

Ou bien cette " Camelia branca do ar " qui doit beaucoup à La guitarra (Poema del Cante Jondo):

Arena del Sur caliente
que pide camelias blancas.
Le sable chaud du Sud
réclame des camélias blancs.  

Ou, enfin, ce Noiturnio do adoescente morto qui réussit la gageure de conjuguer une scène obsessionnelle chez Lorca - l'enfant noyé - avec, au moins, quatre images en provenance du Romancero gitano:

O vento deixaba camelias de soma
na lumieira murcha da sua triste boca
 

étant le démarquage de:

El largo viento, dejaba
en la boca un raro gusto
de hiel, de menta y de albahaca.
Le long vent, laissait
dans la bouche un goût étrange
de bile, de menthe et de basilic. 

De son côté, Romance del emplazado fournit les fameux " densos bueyes del agua " qui deviennent ici " vellos bois de ágoa "; et, tout comme dans Muerto de amor, l'apparition de l'inévitable planctus participant à l’action:

¡ Vinde mozos loiros do monte e do prado
pra ver o adoescente afogado !
 

rappelle, en même temps, ceci:

Hombres bajaban la calle
para ver al emplazado,
Des hommes descendaient la rue
pour voir l'être assigné, 

et cela:

Tristes mujeres del valle
bajaban.........................
Viejas mujeres del río
lloraban al pie del monte...
De tristes femmes de la vallée
descendaient.........................
De vieilles femmes de la rivière
pleuraient au pied de la colline.. 

Soit deux évocations qui ont également permis le distique suivant:

¡ Vinde xente escura do cume e do val
antes que ise río o leve pro mar !
 


Si l'on veut bien se souvenir, d'autre part, que ces poèmes galiciens correspondent à une période d'intense travail sur le futur Poeta en Nueva York, on sera en droit de se demander si les herbes, qui contribuent avec efficacité à en dépeindre l'atmosphère, ne sont pas celles-là mêmes qui, dans les visions fantastiques de Lorca, présentent un signe explicitement négatif: “ tú buscaste en la hierba mi agonía “. S'il en était ainsi, comme je le crois, lorsqu'elles apparaissent dans Madrigal à cibdá de Santiago, dans Noiturnio do adoescente morto et, surtout, dans Canzón de cuna pra Rosalía Castro, morta, il faudrait en déduire que la vision " objective " du paysage galicien s'est trouvée fortement infléchie par des préoccupations antérieures.
Quoi qu'il en soit, le paysage constitue bien une valeur permanente de la poésie lorquienne, une manière de " réalisme " au niveau de la transfiguration poétique, et c'est sur lui que Federico s'appuiera toujours pour parler de l'homme.
Tantôt exceptionnel, parce que cantaor illustre - Silverio ou Juan Breva dans Poema del Cante Jondo -, descendant d'une dynastie princière - Antoñito el Camborio dans le Romancero gitano -, ou toréador fameux de l'époque - Ignacio Sánchez Mejías dans le Llanto... Tantôt simple numéro dans la masse des anonymes, tels ces revendeurs de tabac qui s'enfuient, dans l'ombre, le long des berges du fleuve Guadalquivir, ou cet efféminé surpris devant sa glace. Ou encore cette prostituée qui étale des appas imposants au balcon même de la maison qui l'emploie, sans oublier la marchande (héroïne d'une histoire d'amour condensée en deux strophes et trois couplets) de la Gacela del mercado matutino, imprégnée de gongorisme. L’être humain est toujours saisi en des instantanés qui lui confèrent une indéniable authenticité. D'où vient alors que cet aspect de l'œuvre de Lorca n'ait jamais fait l'objet d'une étude sérieuse ? Mieux encore: pourquoi le poète est-il si longtemps apparu, en Espagne surtout, et pourquoi apparaît-il encore à beaucoup comme un " escapista " que, de temps en temps, une voix objective se plaît à défendre ? Eh bien, tout simplement, parce que son œuvre - lyrique avant tout, et je n'en exclus pas, loin de là, la poésie au théâtre - ne se laisse pas pénétrer facilement. D'où une très relative " efficacité transparente ", alors que la force " indirecte " de sa critique n'est pas niable. Il suffit d'une simple fable pour mettre en doute le destin de l'homme sur terre et sa vie dans l'au-delà, tout en soulignant l'incapacité de l'Eglise à régler ce genre de problème:

El caracol suspira
y aturdido se aleja
lleno de confusión
por lo eterno.........
Todo estaba brumoso
de sol débil y niebla.
Campanarios lejanos
llaman gente a la iglesia....
 

Et il suffit d'une autre fable, frappée au coin d'un " rubendarismo " triomphant, pour revendiquer la liberté sexuelle totale:

... tus pasiones son insaciables;
Grecia vieja
te comprenderá.
 

La Grèce, oui, mais peut-être pas le commun des lecteurs qui ne verra dans ces vers que l'art d'un poète animalier - le bouc après l'escargot ! -, vague continuateur d'un Salvador Rueda. Par ailleurs, la reconnaissance de la vie pénible du paysan andalou constitue l'essentiel du Poema de la Soleá:

Tierra
vieja
del candil
y la pena.
Tierra
de las hondas cisternas.
Tierra
de la muerte sin ojos
y las flechas.
 

C'est la " Andalucía del llanto ", de la tristesse, de la solitude et du mal de vivre, déjà évoquée plus haut, celle de la femme frustrée dès l'âge des premiers émois:

Campanas de Córdoba
en la madrugada.
Campanas de amanecer
en Granada.
Os sienten todas las muchachas
que lloran a la tierna
soleá enlutada.
Las muchachas
de Andalucía la alta
y la baja.
Las niñas de España,
de pie menudo
y temblorosas faldas...;
 

drame espagnol plus encore qu'andalou qui rejoint, dans la critique d'une société typiquement " machiste ", le destin tragique de ces femmes " inaccessibles " et condamnées au célibat:

Amparo,
¡ qué sola estás en tu casa,
vestida de blanco !
Amparo,
¡ y qué difícil decirte:
yo te amo !


Présenté sous la forme d'une simple réflexion empreinte de lyrisme, l'essentiel de la situation ne frappe pas les esprits. L'aspect anecdotique - épique souvent - du Romancero gitano rendra la dénonciation plus perceptible, encore qu'elle reste subordonnée à la qualité - la difficulté donc - des images, phénomène qui ne fera que s'accentuer avec l'ésotérisme propre à Poeta en Nueva York. Et pourtant l'engagement est bien là: contre les forces de l'ordre et leur mépris total qui les amène à retarder l'instant d'intervenir dans les problèmes de la communauté gitane dont l'importance ne dépasse pas, à leurs yeux, celle d'un jeu d'enfants:

Señores guardias civiles:
aquí pasó lo de siempre.
Han muerto cuatro romanos
y cinco cartagineses.
 

Contre la société qui permet que se morfonde dans sa prison conventuelle une femme faite pour aimer:

Por los ojos de la monja
galopan dos caballistas.
Un rumor último y sordo
le despega la camisa....
 

En faveur d'un monde rural où le malaise existentiel - stylisé à l'extrême dans le Poema del Cante Jondo - est en étroite relation avec l'ingratitude d'une terre maintes fois soulignée tout au long de l'œuvre lorquienne:

... la pena negra brota
en las tierras de aceituna....
 

Contre l'injustice qui frappe une race persécutée:

A la mitad del camino
cortó limones redondos…
Y a la mitad del camino
guardia civil caminera

lo llevó codo con codo,
 
 

et pour qu'elle retrouve une fierté perdue:

Si te llamaras Camborio,
hubieras hecho una fuente
de sangre con cinco chorros.
 


Continuer cette liste de " preuves " reviendrait à empiéter sur le contenu d'une bonne partie de ce livre, et à alourdir inutilement un premier chapitre qui prétend essentiellement combattre un certain nombre d'opinions erronées sur les options humaines et sociales - politiques aussi - de Lorca, résultant d'une étude généralement superficielle de l’ensemble ou de telle partie de son œuvre. A moins qu’elle ne soit tout simplement tendancieuse. Il convient d'ajouter à la décharge de la critique incriminée que la multiplicité des styles poétiques lorquiens - produits évidents, tantôt d'une adhésion (toujours partielle) aux différents " ismes " qui pénétrèrent l'Espagne du premier tiers de notre siècle, tantôt d'une recherche plus personnelle de moules d'expression nouveaux ou traditionnels - ne facilite guère le travail de l'exégète et, partant, la mise en relief de préoccupations le plus souvent étouffées par la luxuriance des images. On ne peut oublier que ce fut le lot commun à tous les membres d'une génération qui devaient entrer dans la carrière pendant les dernières années d'une monarchie décadente, puis s'affirmer sous une dictature dont on sait, par les mesures disciplinaires prises à l'encontre de plus d'une tête pensante et par les tracasseries que connut Lorca lui-même, qu'elle n'était guère favorable à la liberté d'expression. La conjonction de ces deux facteurs - artistique et politique - me semble décisive au niveau de l'attitude d'Alberti, Aleixandre, Diego, Guillén, Lorca, Prados et Salinas, tout autant que leurs sensibilités respectives. Aussi comprendra-t-on que leur engagement - quand il se produit - ne devienne effectif et efficient qu'avec l'avènement de la II° République, et qu'il s'accompagne alors d'un changement de style évident.
Il sera ainsi intéressant de constater que, fidèle au respect des valeurs humaines et sociales dont j'ai déjà parlé, défenseur avant tout de la dignité de ses semblables, Federico se démarque d'un Rafael Alberti, trop " politique " mais dont il respecte la nouvelle orientation, ou d'un Alejandro Casona (son " rival " des Misiones Pedagógicas) moins désintéressé que lui, mais " revolucionario también en el teatro que se hacía en España ". Car, après son récent voyage aux Etats-Unis, avec la prise de conscience de l'injustice des hommes venue à maturité au contact des inégalités révoltantes affichées par la civilisation la plus déshumanisée de son temps, Lorca, aidé en cela par les pouvoirs officiels et le généreux enthousiasme d’une jeunesse sensible aux mêmes problèmes, s'engagera à fond dans la grande aventure de " La Barraca ". Comme, parallèlement, allait voir le jour la trilogie du monde rural espagnol, nul ne sera surpris des liens entre le poète et son peuple, tellement étroits que certains n'hésiteront pas à les faire apparaître dès le titre de leurs travaux ou de leurs témoignages. Je reviendrai, en temps voulu, sur son engagement humain, social et politique lorsqu'il faudra, à partir de son œuvre, en particulier, expliquer - ou, plus précisément, relever - les raisons toutes simples de son assassinat. Tel sera le rôle dévolu au dernier chapitre, seconde des parenthèses - celui-ci en étant la première - à l'intérieur desquelles s'inséreront la vie et la création poétique d'un être né pour devenir " señorito ", mais que son milieu familial, son éducation, sa générosité naturelle, sa culture même, puis son immense succès, n'éloigneront jamais de son peuple ni de son pays.
Lorca, mieux que tout autre, sera leur parfait représentant en réunissant, à lui seul, et en les harmonisant, les valeurs de la tradition culturelle hispanique et une humanité remarquable. Rien que de très normal chez un homme ouvert - comme son siècle - aux expériences les plus surprenantes.

Dernière mise à jour: 9 janvier 2008