LORCA, POÉSIE D'UNE VIE
 
       
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Présentation

Avant-propos

Chapitre I
Chapitre II
Chapitre III
Chapitre IV
Chapitre V
Chapitre VI
Chapitre VII
Chapitre VIII
Chapitre IX
Chapitre X

Conclusion

Appendice I
Appendice II
Appendice III

Bibliographie
Œuvres citées
Noms propres
Les liens
 


AVANT-PROPOS

" ...il n'est pas d'exercice plus probant que
d'expliquer un poète grâce aux signes
linguistiques que lui-même nous fournit"
Dario PUCCINI

(Dans le but d'aider les étudiants intéressés par cette période de l'histoire de la littérature espagnole, et, éventuellement, de faire plaisir aux hispanistes de tout bord, j'ai l'intention de publier dans ce site, largement revu et corrigé, le texte de mon livre. Voici tout d'abord de quoi fixer l'esprit du lecteur sur le but de mes propres recherches)

Depuis la disparition de Federico García Lorca la critique s’est, le plus souvent, consacrée à élucider les circonstances de sa mort ou à voir dans son œuvre le reflet, maintes fois morbide, d’une déviation sexuelle. Ces deux tendances se sont,d’ailleurs, rejointes à l’occasion pour expliquer la cause de l’une par l’existence de l’autre; et ce, parfois, à des fins évidentes de basse politique qui n’excluaient pas les visées commerciales dans leur recherche du sensationnel.
Dans le meilleur des cas la première tendance a donné lieu à des recherches - souvent menées avec un sérieux et une ténacité non dénués de courage - dont le mérite, outre la lumière jetée sur le tragique événement, aura été d’ajouter des éléments dignes de foi à la biographie du poète. La seconde tendance, elle, a eu pour résultat le plus discutable de donner naissance à une " école lorquienne " pseudo-psychanalytique et à une série d’interprétations " freudiennes " de l’œuvre de Federico qui enlèvent à ce dernier toute responsabilité créatrice.
A côté de ces deux attitudes, toujours en vigueur, il en existe une troisième qui s’est donné pour objet l’étude d’un matériel linguistique essentiellement fondé sur le symbolisme du lexique et, à la limite, sur l’élucidation de certaines images. Cette démarche, indispensable approche littéraire d’un poète comme Lorca, au style essentiellement métaphorique, aboutit parfois à une systématisation sémantique du langage, regrettable dans la mesure où elle fige un univers poétique dont elle rend l’accès plus difficile.
Enfin, allant plus au fond des choses, reconnaissant au poète la pleine conscience - qu’il a lui-même, maintes fois revendiquée - de son activité créatrice, et sacrifiant à un esprit cartésien que d’aucuns déclarent incompatible avec le plaisir esthétique, quelques tentatives d’interprétation totale de tel ou tel poème ont essayé de rendre à la logique poétique la place qui, à mon sens, lui revient de droit: la première. C’est dans cette ligne que s’inscrivent mes recherches.
Partant de là, mon propos peut sembler banal, trop " universitaire " peut-être: " expliquer " la poésie lorquienne en accordant une place primordiale au sujet traité - autrement dit à ce que le poète a voulu exprimer -, sans pour autant négliger, bien au contraire, les différents moules d’expression qu’il a utilisés. Et cela sans m’interdire, à aucun moment, de recourir à tout élément biographique ou culturel susceptible de m’aider à mener à bien des analyses que j’ai toujours voulues inscrites dans l’ensemble d’une œuvre qui, malgré sa grande diversité formelle, révèle une profonde homogénéité de pensée.
Cela dit, je ne pouvais envisager, pour " toute " l’œuvre en vers de Lorca, une interprétation exhaustive à l’image de celle que j’ai réalisée pour le seul Romancero gitano. Le résultat obtenu dans ce cas donne une idée assez précise des dimensions qu’aurait alors prises cet ouvrage. Malgré tout, ne voulant rien oublier d’essentiel dans la démarche créatrice du poète, aux différentes époques de sa vie - et compte tenu de l’attrait qu’excerçaient sur lui, parfois simultanément, les techniques des nombreuses tendances artistiques du premier tiers de ce siècle -, je me suis efforcé de ne rien négliger d’important concernant les écrits poétiques que je n’ai pas directement retenus dans le plan de mon travail. Le souci d’éviter, dans la mesure du possible, d’enfoncer des portes ouvertes explique également mon attitude.
Peut-être n’ai-je pas toujours su éviter ce travers. La cause en est, le plus souvent, que, bien qu’ayant fait de mon mieux pour tenir mon travail a jour, il ne m’a pas été matériellement possible d’utiliser la totalité des livres ou des articles sur Lorca qui continuent de paraître en flot ininterrompu, prouvant ainsi combien il reste présent parmi nous. Aussi ne sera-t-on pas étonné si j’ajoute, avant de clore ces quelques lignes en guise de préambule, que les pages qui vont suivre ne constituent pas mon dernier mot sur Lorca et son œuvre.
Enfin, après avoir reconnu ma dette envers nombre de chercheurs qui m’ont précédé sur le chemin du lorquisme, j’exprimerai ma reconnaissance envers ceux qui, vivants ou aujourd’hui disparus, ont contribué, en me fournissant de précieux témoignages ou en dissipant mes doutes, à l’élaboration de ce livre. Je ne saurais les citer tous, mais je garde un souvenir ému de mes conversations avec José Luis Franco Grande, Manuel Angeles Ortiz et Jorge Guillén. J’ai toujours trouvé réponse à mes questions auprès d’Angel Caffarena, Rafael Martínez Nadal, José Luis Cano, Arturo del Hoyo, Antonio Buero Vallejo et Emilio García Gómez. Et je n’oublierai jamais l’amitié d’Ana María Dalí qui m’a toujours ouvert la porte de sa blanche maison de Cadaqués - là même où séjourna Federico ! -, et avec qui, pendant quinze ans, j’ai entretenu une inestimable correspondance.
A elle, et à Robert Jammes - précieux conseiller -, toute ma gratitude.