LORCA, POÉSIE D'UNE VIE
 
       
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Présentation

Avant-propos

Chapitre I
Chapitre II
Chapitre III
Chapitre IV
Chapitre V
Chapitre VI
Chapitre VII
Chapitre VIII
Chapitre IX
Chapitre X

Conclusion

Appendice I
Appendice II
Appendice III

Bibliographie
Œuvres citées
Noms propres
Les liens
 


LORCA EN FRANÇAIS

Traduttore traditore ?
(expression italienne)

Problèmes de traduction:

Dans un article publié il y a très longtemps je signalais à l'attention du lecteur français ce qu'une traduction erronée pouvait avoir de désastreux pour la compréhension d'un poème déjà fort difficile dans sa langue d'origine: Romance sonámbulo. Je ne faisais qu'effleurer un sujet passionnant et controversé que peut résumer la question suivante:

"Doit-on se contenter, en poésie, d'une technique prosaïque de traduction, ou bien faut-il, sans avoir la prétention de recréer un poème, en proposer une version qui permettra au lecteur étranger de se faire une idée, aussi précise que possible, du style propre à l'auteur traduit ?"

De la traduction plate et impersonnelle, généralement pratiquée, à l'adaptation - la recréation, parfois - d'une œuvre en vers, il y a depuis toujours matière à discussion et diversité de tentatives. La poésie lorquienne, elle, est excessivement difficile à rendre en langue étrangère, et pour ce qui nous concerne, en français. J'en suis bien d'accord. Mais je n'ai jamais compris ce constat dès lors que, dans l'esprit du traducteur, il s'agit uniquement de transmettre le fond en négligeant la forme. A ce niveau-là il n'est pas plus ardu de traduire un poète symboliste comme Lorca que la poésie directement accessible d'un Antonio Machado.
Il est pourtant extrêmement rare de trouver des écrits de Lorca pour lesquels le traducteur n'a pas, à un moment ou à un autre, cédé à la tentation d'une "trouvaille" stylistique, même lorsque le texte concerné n'a que très peu de chances de toucher le grand public. Cela s'est produit avec les vers suivants, non retenus pour la version définitive de La zapatera prodigiosa, mais qui trottaient encore dans la mémoire du poète en 1933:

Cuando fuiste novio mío
por la primavera blanca,
los cascos de tu caballo
cuatro sollozos de plata.
Lorsque nous étions fiancés
dans la blancheur du printemps,
les sabots de ton cheval
étaient des sanglots d'argent.

La traduction proposée est de Marie Laffranque, et on y remarque le souci de conserver une certaine élégance formelle (premier vers) et la satisfaction de donner un équivalent à l'assonance espagnole (vers 2 et 4).